Quand il s’agit d’aborder un match du Tournoi contre l’Italie on ne pense pas en termes de victoire ou de défaite. On pense plutôt en terme d’écart au score entre les deux équipes à la fin du match. Souvent à Paris la sélection d’Italie fait mieux que se défendre mais à chaque fois elle perd. Il n’y a pas de raison de prévoir le contraire cette fois encore. D’autant que l’Italie a déjà sauvé son Tournoi. Sa victoire contre l’Ecosse au tour précédent c’est l’assurance que cette année elle échappe à cette cuillère de bois qui lui est promise chaque année au coup d’envoi de la compétition.
En 53 match du Tournoi depuis son entrée en 2000 l’Italie n’a gagné que 7 fois. Cela fait un taux de succés de 13%. Les deux équipes qu’elle n’a jamais battu dans cette compétition c’est l’Angleterre et la France. Mais elle a battu au moins une fois le XV de France avant d’être admise dans le Tournoi c’était à Grenoble en 9. Moins d’un mois après que l’équipe de France ait remporté le Grand Chelem. (Equipe de France 97 : Sadourny - Ougier, Delaigue, Bondouy, Saint-André - Aucagne, Accoceberry - Costes, Pelous, Benetton - Miorin (Betsen), Merle - Tournaire, Dal maso (Ibanez) De Rougemeont). Depuis les italiens s’accrochent à l’espoir d’un nouveau succès face au XV de France. Mais compte tenu des forces en présence il ne me semble pas encore pour demain.
Récemment Carlo Dondi le président (à vie ?) de la Fédération Italienne prétendait que l’entrée de l’Italie dans le Tournoi avait boosté le nombre de licenciés dans son pays. Je veux bien le croire mais j’observe que 10 ans après la Squadra Azura est surtout composée d’étrangers déguisés en italiens. Lors du match d’ouverture contre l’Irlande il n’y avait que six italiens dans le quinze de départ de la sélection entraînée par le sud-africain Mallett. Les autres étaient argentins (Garcia, Castrogiovani, Perugini), sud-africains (Geldenhuys, Del Fava) néo-zélandais ( Robertson, Sole), australiens (McLean, Gower).
L’annonce de l’entrée de deux franchises italiennes dans la Celtic Ligue à partir de la saison prochaine est de nature faire progresser plus rapidement l’élite du rugby italien. A condition de la Fédération impose des quotas de joueurs de nationalité italienne. Ce qui n’est pas garanti loin s’en faut.